17 oct. 2012

La vie dans l'oeil





L’œil a démâté, démarré, voguant et roulant libre dans son propre lobe, comme une lune noire tombée dans les eaux sanguines d'un gouffre tragique et crépusculaire. Jadis le blanc de l’œil, maintenant la teinte rosâtre du lait et du sang mêlés. La paupière, molle, lourde, inopportunément lâche va se dérouler comme un rideau violâtre et charnu sur ce spectacle rougeoyant. Les cils noirs, épais, enduits et visqueux sitôt rejoints emprisonneront les larmes cristallines, les empêchant ainsi de tomber sur le monde en répandant, comme les diamants d'un faussaire, une lumière aqueuse au goût saumâtre.

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