25 janv. 2011

Je vous ai aperçu, monde infime, entre les veines bleutées du vaste cosmos. Un espace de ténèbres qui avec abondance a su se nourrir d’innombrables vertiges. Et pourtant, cette multiplicité effrayante ne vous a pas dissimulé longtemps. Le temps à peine pour votre modeste existence d’esquisser, au-delà de l’abîme du temps, une tentative de développement vers un stade de conscience fugitive et ambigüe et dangereusement transverse. Vous m’êtes apparut d’abord en tant que réalité spectrale. Une colorimétrie troublante et poudreuse, les restes d'une réminiscence éthérée. J’ai longuement rêvé votre existence, lorsque draguant d’insondables nuages gazeux j’ai ramené quelques rayonnements anémiques attestant d’une activité énergétique incontrôlée. Des nuages spectaculaires, au sein desquels se dissimulent tantôt des gravités cosmiques, tantôt des anormalités astrophysiques, bien souvent les deux à fois et toujours dépendantes de lois hypothétiques. Dans les cœurs inhospitaliers de nébuleuses à la dérive, sur les bordures troubles et vertigineuses d’un univers entier, par delà les franges hostiles, diaprées de luminosités stellaires inconnues et imprévisibles : je vous ai cherché. C’est vrai, j’ai été un temps, distrait par les frôlements des anneaux étincelants de planètes incommensurables. C’est là où s’entrechoquent des vagues extraordinaires de limon céleste et des conglomérats astraux accidentels. Tous ces résidus condamnés à l’errance sur de pudiques orbites, contraints par des forces absolues à trouver leur place dans un rang, suivant une rotation perpétuelle et autour d’axes problématiques. J’ai flairé les traces prometteuses d’étranges amas de particules, sillonnant invariablement les étendues stériles ; puis j'ai traqué des météores en exil et providentiels rejetés par le rythme incessant des marées galactiques. Dans cette recherche, un de mes plus beau souvenir : dans le chaos du nuage d’Oort, qui crache ses exubérantes comètes, toutes, bavant leurs queues superstitieuses sur l’inconcevable noir du néant et à travers les brumes de rémanents laissés tel, vestiges chromatiques d’effondrements de supernovas trop ambitieuses.

Enfin nous sommes là…Astre délétère.

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